Souviens toi.
A ce qu'il parait, on n'oubli jamais rien. On vit avec. C'est tellement vrai. Je l'avoue.
Tu sais, il y a ces absences. Ces personnes qui nous manquent. Et celles qui ne nous manquent pas mais à qui on accorde malgré tout quelques pensées égarées. Et puis il y a ces flash back. Souviens-toi, on n'oubli rien.
On garde le silence. On se mord la langue. On évite les regards. On affiche un air banal sur notre visage. Et on garde le silence. On regarde les gens mais personne ne peut deviner. Et on dit rien. On prend sur soi. On affronte les ignorances, les remarques désobligeances. Et on garde le silence. On craque, le soir seulement. Mais toujours en silence. Et le lendemain on continue la mascarade. On continu parce que de toutes façons tout le monde croit que tu vas bien. Pourtant tu ne fais que garder le silence. Tu as envie de leur hurler à la gueule. De cracher ton venin. D'ailleurs parfois tu oses. Ou plutôt tu craques. Tu ne maîtrises plus la situation. Tu ne joues plus le jeu. Et puis, tu t'éloigne discrètement. Secrètement & discrètement. Souviens toi tu n'oublis jamais rien. Tu tentes de vivre avec. Et tu penses à ce que tu as perdu. Aux autres. Toujours aux autres. Jamais à tes envies. Jamais à tes bonheurs. Parfois tu lèves les yeux. Tu regardes les étoiles. Ton seul espoir. Tu le fais pour toi. Tu vois ceux qui se sont envolés. Ceux que les anges réclamaient. Tu regardes les étoiles & tu souris. Parce que tu as les larmes aux yeux. Tu souris. Tu voudrais pas qu'ils te voient pleurer. Pauvre conne ! Oui tu les regardes et tu leurs souris. Tu leurs souris & tu te sens proche d'eux. Expliquer moi pourquoi les étoiles sont si hautes. Je voudrais bien savoir. Les étoiles, elles nous manquent. C'est pour ça que tu les regardes. Tu pourrais les regarder des heures sans jamais t'en lasser. Les larmes aux yeux et le nez qui te fait mal. Oui le nez te fait toujours très mal quand tu retiens tes larmes. Mais tu gardes en toi. Tu veux leur faire croire que tu avances sans y penser. Mais tu y penses et ça te bouffe. Tu y penses. Tu n'oublis pas. Tu tentes de faire croire que tu vis avec. Tu te mens un peu à toi même au passage. Ton innocence, ça fait longtemps que tu l'as perdue. Et tu penses à elle aussi. Tu l'as pas perdue elle. C'était de justesse. Elle, elle est bien sur cette Terre. Même si cette Terre est un bien grand mot parce qu'il faudrait pouvoir y poser le pied. Tu sais qu'elle souffre et que tu pourras jamais l'aider. Tu le sais & tu en souffres. Parce que tu espères encore. Parce que ça vient pas. Parce que tu finis par plus y croire. C'est ça le plus moche, de ne pas y croire. Tu aimerais trouver la solution mais il n'y en a pas de solution. Tu en crèves. Mais tout ce que tu penses, tu le garde pour toi. Laisser faire ça passer. Accroche-toi à ce petit fil. Celui de la vie. Laisse faire. Accroche-toi. Comprend & apprend. Regarde le monde. Il tourne. Alors regarde bien. Tu le vois le temps qui passe ? Il continue sa course. Ecoute ton c½ur. Tu l'entends battre. Lui aussi il continue avec ou sans toi. Regarde dans le rétroviseur mais ne fais pas demi-tour. Tu roules sur cette grande route celle de la vie. Tu ramasseras des auto-stoppeurs. Tu sais ceux avec qui tu feras le voyage. Ceux qui prendront le volant pour toi quand tu perds les pédales. Alors avec eux tu tentes d'oublier. Tu fais semblant. Tu apprends le nom des nuages. Et tu danses. Tu danses pour oublier. Tu envoies tout valdinguer. Tu marches pas droit mais tu marches. Tu trébuches, mais tu marches & tu regardes les étoiles. Ca donne du courage. Ca donne l'espoir. Et tu te souviens. Tu souffres mais tu donnes. Tu donnes de toi à ceux qui ne donneront jamais d'eux-mêmes. Tu crispes les dents mais tu donnes. Tu te dis que tout va bien. Tu rêves. Tu cherches milles et une façons d'oublier. Tu mets ta musique & tu danses encore. Tu tentes d'oublier. Tu bois. Un peu. Parfois un peu plus. Parce que l'alcool ça fait rire. C'est dangereux. Tu va en boite. Tu te tapes machin mais tu as la tête déjà ailleurs. Pauvre conne. Incapable de t'accrocher. A une vitesse folle, le temps passe. Mais tu t'en souviens encore. A une vitesse folle. Qu'as-tu fais de ton temps ? Qu'as-tu fais de ta jeunesse ? On pourrait jeter l'éponge. Ca serait plus facile. Tout lâcher et se barrer ailleurs. Mais je sais qu'un jour, je les retrouverais. Ici ou ailleurs. Je les retrouverais. Je les regarderais. Je leur sourirais. J'en perdrais les mots. D'émotion seulement. T'inquiètes, on se rencontrera à nouveaux. On trouvera la formule du bonheur. Tu sais ce qui compte toi ? Non ? Moi non plus. Et si on sautait du 6ème étage ? Allez donne-moi la main. Je t'emmènerai sur l'étoile du bonheur. Allez crois-moi, ça vaut pas le coup. Ne dis rien. Viens. Laisser moi rêver. Laisse moi oublier. Prend le volant. J'aime te voir conduire. T'inquiètes si tu perds les pédales, je prendrais le volant. Allez viens. Suis-moi. Je t'emmène. Je t'emmène au combat, celui de la vie. Viens, je t'emmène. Et si on perd ? T'inquiètes on perdra pas. L'amour nous sauvera. Il me ramènera toujours à toi. Le c½ur en vrac. Ces absences. Ces présences. Viens-je t'emmène. On les retrouvera. Je te le promets.
Allez laisse faire ça passera.
J-3